Depuis 40 ans, Michel Guinot interroge la peinture, la peinture à l'huile comme médium privilégié, essentiellement une palette d'ocres, de gris de Payne, de Blancs de titane et de zinc, des glacis, une recherche de sfumato et de clair obscur. Il essuie souvent la matière sur sa toile ou bien sur un chiffon de fort grammage saturé d'huile de lin, pour faire émerger ses formes, faire apparaître la lumière qui peut venir du fond de la toile, et se laisser surprendre pour continuer le travail, en soulignant certains volumes. C'est alors l'émergence d'un instant fugitif du mouvement, courbes d'un corps, d'un paysage, dans lesquels s'harmonisent équilibre des formes et vibration de la lumière. Sa sensibilité rejoint souvent les visions de peintres de la Renaissance italienne, mais aussi celles de W. Turner, Caspar David Friedrich, John Constable... ou plus proche de nous Gerhard Richter.

Le dernier travail de Michel Guinot poursuit cette quête  de  lumière traversant les volumes, le monde des transparences,  en questionnant la représentation de  l’espace azuré, peuplé de ces masses vaporeuses que l’on nomme nuages. Parfois solitaires, s’échappant de nuées, ou alors en troupes échevelées perdues dans une course éphémère en perpétuelle migration, se déplaçant au gré des humeurs d’Éole. Dans une incessante métamorphose, ils sont transports d’émotions et nous invitent à l’émerveillement, la contemplation, le rêve, l’imagination, et nous confrontent à l’impermanence. Michel Guinot parvient à dévoiler l’éther de ces mystérieuses enveloppes suspendues et en plongeant notre regard dans ses vaporeuses atmosphères, nous entraîne dans ce fabuleux royaume décrit par Louise Ackermann dans ses poésies philosophiques.

 

Bernard Géniès, critique d'art, janvier 2020

 

 

For forty years Michel Guinot has been examining painting, oil painting being his preferred medium, essentially a palette of ochre yellows, Payne’s grey, Titanium and Zinc whites, various glazes, looking to achieve sfumato and chiaroscuro. He often applies the material onto the canvas or even onto a heavyweight cloth saturated with linseed oil in order to develop his shapes, to let out the light which appears to come from the depth of the fabric, and to surprise us as he continues his work, accentuating certain shapes. It is then that a furtive moment of movement emerges: body curves, a landscape, in which we witness a harmonious balance of form and the vibration of light. His sensitivity often recalls not only the visions of the Italian Renaissance painters but also those of W. Turner, Caspar David Friedrich, John Constable... or, closer to home, Gerhard Richter.

The most recent work by Michel Guinot pursues this quest for light traversing forms, the world of translucency, questioning the representation of azure space, populated by vaporous shapes that we know as clouds. Sometimes solitary, escaping the misty mass, sometimes in disheveled groups lost in an ephemeral race, in constant migration, shifting at the whim of Aeolus. In a never-ending metamorphosis they fly with our emotions and invite us to marvel, contemplate, dream, imagine, whilst confronting us with impermanence. Michel Guinot manages to unveil the ether of these mysterious hanging envelopes and, deepening our gaze into his vaporous heavens, sweeps us into the fabulous dominion of the philosophical poetry of Louise Ackermann.

 

Bernard Géniès, art critic, January 2020